“I can score 20 points if I want to, but that’s not my desire”
J’étais pas là pendant 2 semaines, donc je me rattrape (part 2)
Ca y est, c’est fait: boudé sur 3-4 ans par ses pairs, Dennis Rodman est officiellement devenu, en l’espace d’une semaine, une légende de la NBA. Le retrait de son maillot, d’abord, à Detroit, puis sa nomination au Hall of Fame.
Pour comprendre la complexité du personnage, il suffit de regarder ses faits d’arme: un style de vie plus que borderline, des tatouages, des colorations de cheveux et une excentricité hors-norme, mais aussi, un statut d’homme battu, puisqu’il a pris la misère face à… Carmen Electra.

Mon avis: un jeu sexuel qui a mal tourné
Le mec est aussi un des joueurs les plus fous, les plus intenables qu’il ait existé (le tout sous le giron de David Stern…), mais en même temps, mis à part un après-Jordan mal négocié (un peu près comme la totalité de la ligue américaine), il n’a connu que 3 franchises en 12 ans de carrière.
Alors qu’il a un des palmarès les plus riches de la ligue (5 fois champion, 2 fois meilleur défenseur, 2 fois All-Star, 7 fois meilleur rebondeur), et a joué parmi les meilleures équipes de l’histoire (les Bad Boys de Detroit, les Bulls de Jordan, les sous-estimés Spurs de 94 et 95), on ne retient de lui que ses frasques extra-sportives, ses séquences de trashtalk avec Charles Barkley, ses coiffures… et il est encore pris à la légère par certains fans actuels - alors que ces mêmes personnes donnent, avec raison, beaucoup de crédit à Pippen, Kukoc, etc…
Enfin, alors qu’on pensait que c’était un bon gros dur…

Ouaip.
…il a montré tout de même un peu d’émotion, lâchant quelques larmes, lorsque le Palace d’Auburn Hills lui a rendu hommage.
Ça, c’est pour le personnage. Maintenant, le joueur: Dennis Rodman est le meilleur rebondeur de tous les temps. Un mec qui vivait avec le ballon, voyait où il allait atterrir, savait comment pousser son adversaire, ou comment se glisser parmi les intérieurs d’en face pour choper le rebond offensif. Un sens du ballon inouï, un professionnalisme que très peu égalé, un surnom, “The Worm”, qui lui va à merveille; Rodman n’avait pas besoin de marquer, 20 rebonds et 0 point lui suffisait amplement; il n’avait pas besoin de louper ses paniers ou shooter contre son camp pour gonfler ses stats au rebond; il épousait parfaitement le basket de la fin des 80’s et du début des 90’s, ou les défenses étaient bien dirty, on sortait les coudes, les chambrages volaient de partout, le tout sans se faire rattraper par la patrouille, et sans qu’un mec sur le terrain ne vienne pleurnicher. N’est-ce pas Kevin, Kobe, Carmelo, Dwyane, LeBron, Manu, Kevin (un autre), Dwight, Hedo, si je continue j’ai pas fini?
Son héritage passe de Ron Artest à Kevin Love, en passant par Rasheed Wallace et tous les autres fêlés. Mais ce n’est que de l’héritage: personne ne peut égaler Rodman dans son style, tout comme personne ne peut égaler Jordan pour ce qui est du jeu. Ron Artest se prostitue pour choper un titre, et en fait beaucoup trop pour essayer de ressembler à Rodman; Rasheed Wallace est intenable, mais pas parce qu’il a une case en moins, juste parce qu’il n’aime pas l’autorité; Kevin Love a un sens du rebond terrible, mais n’a pas ce grain de folie pour défier et mettre minable tous les mecs qui viennent sur son chemin (les face-à-face avec Dwight Howard et Blake Griffin ont eu des résultats mi-figue mi-raisin).
Petit, j’avais 3 posters de Rodman dans ma piaule, parce que je vénérais les Bulls, que j’avais déjà ce sens de “non, j’aime pas, tout le monde l’aime alors j’aime pas, et inversement” et parce que j’étais fan de l’excentricité du bonhomme. Aujourd’hui, je me suis rendu compte que c’est un des meilleurs joueurs à avoir foulé les parquets mondiaux, et c’est pour ça que dans mon appart, on le retrouve à côté de mes autres idoles.



04.21.11 @ 20:15